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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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beaucoup d’enfants autour de sa table: là, dit-oncommunément, où il y a assez travail, il y a toujoursassez pain. Rien n’est plus beau que de voir un pèrede famille encore vigoureux sortir fièrement de chezlui avec dix ou douze fils et petits-fils robustes, pouraller délibérer à l’assemblée de la commune. C’estbien alors qu’il peut dire à la lettre : « Telles sont les» flèches en la main d’un homme puissant, tels sont» les fils d’un père encore liien portant. Heureux est» l’homme qui en a rempli son carquois ! Il ne craindra» rien lorsqu’il parlera à ses ennemis à la porte. »Ps. cxxvn.

Quoique enthousiasmé, en bien des points, de cepays-ci et de ses usages, je trouve que les mœurs y ontquelquefois une âpreté qui tient de la barbarie, nonpas envers l’homme, car il y est très-respecté, maisenvers les animaux. Par exemple, quand on tire aublanc, il est très-commun de placer un mouton pourbut; ce pauvre animal essuie quelquefois cinquantecoups de fusil avant d’être atteint. C’est ordinaire-ment un berger, qui, ayant besoin d’argent, vientcourir cette chance ; chaque amateur de ce genre deboucherie donne une contribution très-légère, et celuiqui blesse le mouton en devient possesseur. Malheurau berger, si les premiers tireurs sont adroits : alorsil s’en va avec quelques batz au lieu de quelques flo-rins dont il fondait l’espérance sur la maladresse pu-blique. Mais les combats de taureaux, les chasses for-cées et une partie des opérations de cuisine des peu-ples les plus policés ne sont-ils pas encore pires que