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Tome premier.
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LETTRES

tout cela? Il est vrai, peut-être, que quand les spec-tateurs ou les acteurs de ces scènes-là sont galonnés,on s’aperçoit moins que le passe-temps est cruel quelorsqu’ils sont tout simplement vêtus d’une grossièrecasaque de bure.

Le clergé réformé des Grisons n’est rien moins queriche. Comme il n’y a dans la plupart des communesaucune distinction de rang, c’est ordinairement le filsd’un des paysans de la paroisse qui se destine à en de-venir pasteur. Il commence par apprendre le latin etun peu de grec dans le pays même ; puis il vient étu-dier deux ou trois ans à Bâle ou à Zurich, et retourneenfin prendre les ordres et recevoir l’imposition desmains dans le synode de sa patrie, après y avoir étépubliquement examiné. Sans doute ce ne sont pas dessavants ; mais ils en savent assez pour être bons pas-teurs. Cependant de temps en temps on en voit dontles talents et le savoir leur feraient un nom sur unthéâtre proportionné à leur mérite. La collation de lacure dépend des paysans : ils peuvent renvoyer leurpasteur quand il leur en prend fantaisie, et même ennommer un autre sans en rendre compte à personne.C’est la plus grande épine du clergé que cette dépen-dance absolue de la commune. Mais elle n’est pas unmal en tout sens, car on remarque que les ecclésias-tiques ne font jamais plus de bien que là où ils ont lemoins de pouvoir : ne pouvant avoir l’ascendant del’autorité, ils cherchent alors celui que donne la vertu.Ici les ministres sont tenus de prêcher les dimanches etles jeudis, et de faire une prière publique chaque soir