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Tome premier.
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LETTRES

Les Grisons ne sont point tenus à recevoir sa monnaie ;l’usage seul et le besoin lui donnent un libre cours. Al’élection de chaque évêque, on frappe en or et enargent des médailles relatives à la circonstance, quipassent bientôt dans les cabinets.

L’abbé de Disentis, qui a le titre de prince d’empire,jouit du droit monétaire sans presque jamais l’exercer ;on voit quelques blousquers de lui dans les collectionsde monnaies ; rien de plus rare que des pièces d’or oud’argent à son coin.

Enfin, le baron de Haldenstcin possède incontesta-blement ce droit : cette seigneurie étant originaire-ment un fief immédiat de l’empire, jouit de tous lesattributs de la souveraineté. Ce fut presque le seulchâteau qui ne fut pas renversé par la révolution de4 420. Son seigneur fit alors une alliance d’égal à égalavec les Trois Ligues, qui lui conservèrent tous sesdroits, haute et basse justice sans appel, bannière,etc. : il peut même, quand bon lui semble, assemblersous son grand drapeau une centaine de paysans etguerroyer à son aise.

Après avoir passé des nobles de Ehrenfels à ceuxde Grauenslein, puis à ceux de Schauenstein, cettebaronie tomba en quenouille à la mort du général der-nier de ce nom, et son héritière la porta par un ma-riage dans la maison de Salis; le nouveau seigneurbattit monnaie ; et soit qu’elle fût de mauvais aloi,soit qu’il eût négligé de spécifier dans la reprise dufief ce droit qu’il ne pouvait tenir du chef de sa femme,il fut condamné par la chambre impériale de Wetzlai*,