SUR LES GRISONS.
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choses sur le gouvernement, les mœurs et l’agricul-ture de leur patrie. Dès qu’on est dans leur maison,on devient sur le champ membre de la famille, et l’onest traité comme tel. J’avais à mes côtés la fille duvieux magistrat, jeune et jolie, qui prenait part à laconversation, tout en berçant un très-bel enfant ; j’é-tais entouré, je crois, de toute la parenté ; un étran-ger qui n’est pas muletier , qui fait autre chose queboire et qui s’informe de tout, est pour eux un phé-nomène digne de toute leur attention.
Quant au droit monétaire, je m’en suis enquis avecsoin ; il n’appartient qu’à la ville de Coire, à l’évê-que de Coire, à l’abbé de Disentis et au baron deHaldenstein, qui l’exercent plus ou moins souvent.Ni les Trois Ligues en commun, ni aucune Ligue enparticulier n’ont jamais battu monnaie, quoiqu’ellesen aient incontestablement le droit, puisqu’elles sontsouveraines. 11 en est de môme des sept dixains duValais, qui laissent leur évêque battre monnaie, sansavoir jamais songé à le faire pour leur compte. Laville de Coire, métropole des Grisons, a obtenu jadisdes empereurs le droit de faire battre monnaie. Ontrouve dans les cabinets des curieux des ducats et desécus à son coin ; elle use rarement de ce droit et seborne à frapper de temps en temps des blousquers,seule monnaie du pays, qui ressemble à nos creutzerset vaut un peu moins.
L’évêque peut battre des monnaies d’or, d’argentet de cuivre ; mais il est plus gêné que la ville, parce
qu’il est obligé de suivre le taux et l'aloi de l’empire,i. 13