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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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verser le lendemain, je fus un peu effrayé de la voirencore couverte de neige; pendant la nuit il en tombade la nouvelle : un vent du nord violent et froid vintboucher les chemins ; je pris des guides, qui, la bêcheà la main, m’ouvrirent la route ; ce qui n’empêcha pasmon cheval et moi de culbuter deux fois dans des tasde neige. Il faut dire à la louange des chevaux de cepays que, bien qu’ils ne payent pas de mine, ils sontincomparables pour voyager dans les Alpes. Ils mar-chent d’un pas ferme et sur au bord des plus horriblesprécipices; mais on doit bien se garder de toucherleur bride, parce qu’ils ont toujours le nez dans laneige ; leur odorat est si fin qu’ils distinguent tousles endroits où d’autres chevaux ont passé avant eux,quoique leurs traces soient recouvertes d’un pied deneige. Ils s’aperçoivent aussi en flairant des fondrièreset des lieux où la glace n’est pas sûre ; ils s’arrêtenttout court dès qu’il y a quelque danger, et malheur auvoyageur qui voudrait vaincre leur résistance à passeroutre. Le mieux est de s’abandonner en toute con-fiance à leur instinct; dans les mauvais temps, il yreste souvent des chevaux, et l’on en rencontre çà et làles cadavres, qui servent de pâture aux aigles, seulshabitants de ces tristes rochers.

Après quatre heures d’une marche pénible et pé-rilleuse , nous arrivâmes à la maison située au som-met de la montagne ; c’est une espèce d’auberge oùle voyageur trouve avec grand plaisir du pain, duvin et un poêle chaud ; c’est tout ce qu’il en faut. Lamaison est surmontée d’une cloche que l’aubergiste