SUR LES GRISONS.
m
civiles, sont très-intéressantes ; j’ai ramassé çà et làplusieurs matériaux pour en parler ou en écrire per-tinemment.
Je quitte enfin la sauvage Rhétie pour rentrer dansl’Helvétie. Sargans et Wallenstadt ne m’ont rien of-fert qui m’ait intéressé, que quelques points de vue.Ce dernier bourg m’a paru très-malsain ; les maisonsy sont une partie de l’année dans l’eau ; jour et nuitle bruit dominant est le croassement des grenouilles,qui disputent aux hommes ce coin de marais où il aplu à ces derniers de s’établir. Quant au lac de Wal-lenstadt , que j’ai traversé dans toute sa longueur, ilne ressemble à aucun des lacs que je connais; encaisséde montagnes à pic qui s’élèvent depuis l’eau jus-qu’aux nues, n’offrant de part et d’autre ni prairie nivillage, il attriste et étonne tout à la fois : quand , dufond du bateau, je levais les yeux vers la petite por-tion de ciel étendue sur ma tête , et que je ne décou-vrais rien de vivant que quelques chèvres suspenduesà des rocs accessibles à elles seules ou quelques oi-seaux de proie qui sifflaient au-dessus des ondes agi-tées , je me croyais tombé dans le fond d’un abîmeimmense. Enfin j’abordai à Wesen , mais ce fut pourme rembarquer bientôt sur le lac de Zurich, qui meparut d’autant plus beau que l’image de celui de Wal-lenstadt , encore présente à mon souvenir, relevaitpar son contraste ses gracieux paysages. Je le traver-sai en partie de nuit : la lune et les étoiles brillantde tout leur éclat et réfléchies sur la surface argentéeque notre barque sillonnait, se montraient à double