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LETTRES
à mes regards enchantés. Le pont de Rapperswyl,sous lequel nous passâmes, semble couper en deuxparties ce beau bassin. J’ai trouvé ce lac comparableen plusieurs points à celui du Léman et supérieur enceci, c’est cjue les objets que présentent ses rivagesétant plus rapprochés, offrent par conséquent plus dedétails pittoresques : il ne le disputera pas sans douteau Léman en majesté, mais bien en grâce et en vie.Toujours couvert de bateaux et animé d’un bout àl’autre, les voyageurs ne lui donneront sûrement pasle nom de mer morte. Je n’ai encore vu de Zurich (oùje suis entré non sans émotion en pensant à tous lesgrands hommes qu’il a produits), que la promenadeau confluent de la Limmat et de la Sihl, et l’auteur dela Physiognomonique*; l’un et l’autre m’ont paru dansleur genre supérieurs à tous les éloges. Je dois aller cesoir chez le Nestor de nos savants suisses, chez Bod-mer ; si je manque cette occasion de le voir, songrand âge me fait craindre de ne la retrouver jamais.
Me voici donc sur le point de rentrer dans mesfoyers et de revoir mes pénates ! Je ne sais pourquoije souhaite ce doux moment et je le crains tout à lafois. Je tremble de ne plus retrouver tous ceux quej’ai laissés, tous ceux que j’aime. L. B.
Note de l’éditeur. — On n’a pu donner aucune suiteâ ces morceaux détachés : ils sont tirés de quelquesfeuf les échappées à la perte d’un voyage fort étenduet fort détaillé, qu’un accident fâcheux a anéanti :
* J. G. Lavater. (Editeurs.)