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Tome premier.
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FÊTE d’aGHICIXTEKE

truire, la respecta sagement : l’agriculteur a tant dejours mauvais ou pénibles à passer qu’il serait bar-bare de lui ôter un jour de plaisir. Avec le temps,cette fête perdit de sa simplicité champêtre; on lachargea d’ornements : mais la parure a-t-elle jamaisenlaidi une belle femme? Analogue au ton de la chose,tout ce qu’on y a ajouté ne choque point l’homme quiveut réfléchir : il s’accoutume sans peine à voir l’archede Noé et le char des Gyclopcs ; un abbé, Cérès etBacchus ne lui paraissent point si mal associés ; et sousle voile flatteur de l’allégorie il ne trouve point unculte profane; mais il voit avec le plus vif intérêt l’a-griculture respectée, les travaux du village honorés,et le citoyen rappelé à l’amour des champs et à la re-connaissance des bienfaits de la terre et des peines deceux qui la fertilisent.

La fête du 20 août de l’année 1783 a été des plusbrillantes ; un concours immense y a amené une foulede Fribourgcois, de Valaisans, d’habitants de nosAlpes, aussi avides d’entendre chanter les louanges deBacchus qu’habiles à juger du prix de ses dons. Nousn’enlèverons point au Messager boiteux le droit exclu-sif de publier par numéros le nombre, le costume etl’emploi de tous les individus de la procession qui sepromena ce jour-là dans les rues de Vevey. Mais nousobserverons avec plaisir dans les premiers rangs deuxvignerons couronnés pour avoir le mieux travailléleur vigne, qui marchent avant l’abbé même, chef dela société. Nous remarquerons Bacchus, jeune garçonqui s’avance à la tête d’une troupe joyeuse de Faunes,