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armés de thyrses, de Bacchantes jouant du tambourde basque, et de Satyres conduisant une victime auxcornes dorées, couverte de guirlandes et de bande-lettes. Nous regarderons un encensoir, un trépied etun autel à l’antique, portés devant la grande prêtresse ;le vieux Silène, ceint et couronné de pampre, une cru-che sous le bras, chancelant sur son âne paisible, etune foule d’enfants portant en tumulte au bout de leursbâtons tous les attributs de l’agriculture. Nous n’ou-blierons ni l’arche où paraissaient Noé et ses enfants,entre une vigne naturelle et un pressoir d’où coulaitle vin nouveau ; ni la grappe de Canaan portée pardeux robustes paysans; ni Vulcain avec ses Cvclopes,forgeant en cadence des socs et des serpes sur une en-clume massive ; ni la cuve ambulante où se foulaientles raisins : nous aimons surtout une division de vi-gnerons dans le simple habit de leur état, qui, laissantbottes, branles et fossoirs, pour s’étendre devant unenappe grossière couverte de pain bis et de fromagemaigre, rappelaient la frugalité de nos paysans aprèsen avoir imité les travaux. Après la troupe bachique,moins brillante peut-être parce qu’elle est plus utile,venait celle des moissonneurs qui fermaient la marche :au milieu d’eux, assise sur un trône, entourée d’épiset de pavots, paraissait une jeune fille tenant une ja-velle d’une main et une serpe de l’autre. C’étaitCérès,la compagne inséparable de Bacchus, qui suivait celuiqu’elle devait naturellement précéder.
Nous laissons à l’imagination des lecteurs à se re-présenter la marche pompeuse de toute cette procès-