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Tome premier.
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Sl!R ANDRÉ WEISS.

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d’un savant distingué, qui eut cela de commun avecplusieurs autres Suisses, d’avoir été plus connu à titred’homme de lettres des étrangers que de ses compa-triotes , et plus estimé de ces derniers comme citoyenque comme homme de lettres : ayant été pendant cinqans son plus proche voisin, jouissant souvent de sesentretiens dans lesquels j’ai beaucoup appris, honoré,j’ose le dire, de son estime et de son amitié, je ne feraiqu’obéir au vœu secret de mon cœur en rendant unhommage public à sa mémoire.

Weiss naquit le 15 octobre 1713, dans la patrie desBernouiili, des Euler, des Iselin, et de tant d’autreshommes précieux à la Suisse, aux lettres et 4 l’huma-nité. Son père, d’une ancienne famille de Bàle, mem-bre du conseil souverain de la république, travailla debonne heure et avec succès à développer l’heureuxnaturel que son fils annonça dès le berceau : car vousne l’ignorez pas, si l’on veut que l’arbre du talent nese borne pas à produire les fleurs passagères de l’es-prit , mais qu’il porte les fruits durables du génie, ilfaut le cultiver dès son premier âge. L’étude des lan-gues de Rome et d’Athènes le conduisit à celles deschefs-d’œuvre de l’antiquité ; et il s’appropria si bienles ouvrages des plus fameux anciens, qu’à l’àge deprès de quatre-vingts ans il faisait les citations lesplus heureuses, non-seulement des poètes, mais ce quiest bien plus, des philosophes : on peut même direqu’il était si imbu de la doctrine de ces derniers, qu’ilne se bornait pas à parler d’après eux, mais qu’ilpensait comme eux.