SCÈNE
2(10
Claude d'Àffry, lequel ayant guerroyé tout jeune enterre saincte contre les Sarrasins et mecreans avoitgangné honorables blessures à la prise de Rhodes;Humbert Cerieat, sire de Combremont, et le comman-deur Gui de Torrens, seigneur d’Aigle et desOrmonts.Et soudain qu’iceulx furent desarmez, s’enuindrenttoush la grand’salle du chaste), où tables estovent dresseeset banquet appresté : et se mirent à manger et à boired’autant : car estoyent las et recreus et de grand ap-pétit. comme ont de coustume les bons chasseurs, quipar uaulx et monts ont tout le grand iour cheuaulché.Et aussitost entra pour les seruir la noble dame, avecee semblait, meilleur uisage que d’ordinaire ; et apreselle entra son uieil chapelain , loseph du Russel, quil’auoit baptisée et mariee, et point n’auoituouleu, tantil aimoit la noble dame, la quitter, bien qu’eust puauoir prebendes et abbayes à foison : et quand ce uintla fin du banquest, qui fust bien long selon la mode dupays, se print à dire la noble dame... « Mon chierseigneur et mary, ueulx uous requérir le congé d’of-frir mon plat aux nobles seigneurs uos bons amis icypresens... » et lui répondit iceluy tout joyeux : « Belleamie, ainsi soit faict comme desirez. »
Adoncques fit signe et commandement à son petitpage qu’estoit derrière elle, d’aller quérir la uieilleMarie; et s’en uint tout d’abord la bonne nourricetoute tremblottante, et portant ce que bien sauez entredeux grands plats d’argent. Quand fust le tout placéau milieu de la table, decouurit le plat en grande hastele noble comte, et fust bien esbahi et uergongneux de