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Tome premier.
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FRAGMENTS

loi retourner en ton pays. Tu ne fais que d’arriver...te ferais-je errer çà et là avec nous ? Quant à moi, jem’en vais où je pourrai.... retourne-i’en et ramènetes frères : que la gratuité et la vérité soient avecvous ! .... « Que ce langage est touchant et commel’âme en est profondément remuée ! C’est tout à lafois le désintéressement le plus absolu, la générositéla plus noble, l’intérêt le plus vif à cette troupe debraves soldats, et le vœu le plus tendre pour leurbonheur : — et ce mot si énergique, qui peint si bientoute la grandeur des maux du monarque : Quant à

moi, je m’en irai où je pourrai_Où je pourrai ! quel

commentaire en ferons-nous ? Aucun, mes frères !...C’est à votre cœur à le faire, pour peu qu’il soit sen-sible au cri de l’humanité désolée.

Que fait alors Ittaï? Ce que tout homme de cœur etde parole ferait en pareille occasion. — Fier de sesengagements, il refuse d’en être délié. Les malheursde son maître resserrent les nœuds qui l’attachent àson sort : renouvelant son serment de fidélité , il ré-pond à David , au nom de tous ses soldats , avec uneénergie vraiment militaire : « l’Eternel est vivant etle roi mon seigneur vit, qu’en quelque lieu où le roimon seigneur sera, soit à la vie, soit à la mort, sonserviteur y sera aussi.... » Réponse sublime et supé-rieure à tous les éloges ! C’est ainsi que la grandeurd’àine de David fut payée par une pareille grandeurd’àme , et que son infortune lui attacha ces étrangersplus étroitement que sa prospérité ne l’aurait jamaisfait. Oui ! on l’a dit, il y a longtemps : c’est dans le