I) UN SERMON.
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malheur que se montre la véritable fidélité : e’estalors qu’on voit clairement si l’on aime un maître pourlui-même, ou seulement pour les avantages qu’on enattend. L’adversité est une pierre de touche, et toutattachement qui ne peut en supporter l’épreuve, estintéressé et par conséquent faux et perfide. Que descourtisans et des militaires restent fidèles à un monar-que heureux et puissant qui les comble de bienfaits ,cela n’étonnera personne ; mais qu’ils refusent de l’a-bandonner , lorsqu’ils n’ont plus rien à attendre à sonservice que l’opprobre, la misère et la mort... voilà,voilà le triomphe de la véritable fidélité. Je ne doutepoint, et ce mot de David, « Va joindre le nouveauroi, « semble l’insinuer ; je ne doute point que lesémissaires des révoltés n’aient tenté de corrompreIttaï et ses compagnons d’armes, pour les détacher duroi légitime et les associer à leurs coupables complots :je suis même pleinement convaincu que si cette troupeétrangère eût succombé en défendant le monarquedétrôné, les novateurs d’Israël, qui avaient depuispeu érigé l’insurrection en devoir et organisé légale-ment la révolte, n’eussent cherché à déshonorer leurmémoire et à ternir l’éclat de leur fidélité en lestaxant de perfidie et de conspiration contre un peupleen pleine rébellion : car on l’a vu de tout temps et onle voit surtout de nos jours.... Il ne suffit pas au mé-chant de s’opposer à l’homme qui reste fidèle à sesobligations ; il veut encore lui enlever l’honneur de lesavoir remplies, ou plutôt les ériger en crime, en lenoircissant des imputations les plus détestables.