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Tome premier.
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POÉSIES.

Si jadis nos pères fidèles,

Dans les champs de Meaux el d’Ivry,Arrachaient aux Français rebellesCharles IX et le grand Henri ;

Comme eux de leurs serments esclaves,Moins heureux, sans être moins braves,Leurs fils imitent ces hauts faits :

Mais s’ils montrent même courage,

Ils n’ont point, hélas ! en partageMême sort ni même succès.

Aucune pompe triomphaleNe solennise leurs exploits ;

Nul monument ne nous étaleLes noms de ces vengeurs des rois.Mais, dans les fastes de la gloire,Le doigt fidèle de l’histoireEternisera leur trépas,

Et l’on y lira d’âge en âgeUn honorable témoignageQue le temps n’effacera pas-

Des sujets traîtres et parjures,Contre un monarque infortunéOsant lever leurs mains impures,

Le voulaient mort ou détrôné ;Tandis que ses amis s’étonnent,

Que ses serviteurs l’abandonnentEn proie aux plus affreux dangers,Soudain ce cri se fait entendre:

« C’est donc à nous de le défendre..A nous les fils des étrangers !»

Alors d’un accord unanimeSe lèvent nos braves soldats ;

Us volent au-devant du crimeQui consomme ses attentats :

Ils pourraient racheter leur vie ,S’ils consentaient à l'infamieDe trahir les plus saints serments...Mais une valeur véritableNe connaît point l’art méprisableDes honteux accommodements.