POÉSIES.
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Soudain le signal du carnageS’échappe des bouches d’airain ;
Au nombre opposant le courage ,Nos guerriers résistent en vain :
En vain sous leurs efforts sublimes,Tombent trois fois plus de victimesQue Louis n’a de défenseurs...L’hydre de ce peuple rebelle ,
A chaque blessure nouvelle ,
Croît en forces comme en fureurs.
Enfin dans ce combat funesteDu crime contre le devoir,
Ils succombent... mais il leur resteEt l’honneur et le désespoir.
A la couronne qui chancelleElle périt du moins lidèle ,
Cette élite d’Helvétiens !
Et quand cette antique couronneTcmbe sur les débris du trône ,Elle entraîne aussi ses soutiens.
Grand Dieu ! quelle scène infernaleDéshonore l’humanité !
Non ! le barbare CannibaleN’a point tant de Térocité :
Un peuple , calme dans sa rage ,Affecte de prendre en otageCeux qu’il a juré d’égorger;
Et s’il désarme un triste resteDe cette garde qu’il déteste,
C’est pour l’immoler sans danger...
Bientôt sur des piques brillantesIl promène au sein de ParisLes têtes pâles et sanglantesDe nos concitoyens proscrits :
Ici, s’acharnant sur sa proie ,
Il dévore en hurlant de joieLeurs cadavres de coups percés :
Là, près des bûchers qui s’allument,Il danse aux flammes qui consumentPêle-mêle morts et blessés.