Band 
Tome premier.
Seite
280
JPEG-Download
 

"280

POESIES.

Patrie ! ô mère inconsolableDu sort affreux de tes enfants !

Toi qui d’une ligue exécrable

Crus qu’ils reviendraient triomphants!

Chéris-en du moins la mémoire ;

Elle doit suffire à ta gloire,

Comme elle suffit à la leur...

La postérité qui s’avance,

Rendra justice à leur vaillanceEt partagera ta douleur.

Et vous, Suisses, leurs frères d’armes,Ne pleurez plus sur ces héros!

Ils n’ont pas besoin de vos larmesAu sein de l’éternel repos...

Non : mais d’une vertu si belleIls espèrent que le modèleRestera toujours sous vos yeux,

Et qu’animés par leur exemple,

A l’univers qui vous contempleVous vous montrerez dignes d’eux.

ODE*

LE DÉVOUEMENT D*ARNOLD DE W1NKELRIED.

Ici, sur ces bords que BelloneA consacrés par tant d’exploits,La liberté qui nous couronneA jadis maintenu ses droits;

Ici sous la lance ennemie,

A ruisselé pour la patrieLe sang du premier des héros :Jamais sur sa harpe sublimeDe Fingal le fils magnanimeN’a chanté de pareils travaux.

Il chantait cependant la gloireDe ses ancêtres belliqueux ;