POÉSIES.
Pendant longtemps ont résisté :Arrêtant des siens la défaite,
Arnold qui se met à leur têteBrave une inévitable mort;
« Courage, dit-il, ô mes frères !
Suivez mes traces salutaires,
Et pour vous je réponds du sort. »
Tu dis... puis au milieu des lances,Méprisant le fer ennemi,
D’un saut rapide tu t’élances,
Sans que ton grand cœur ait frémi...Par ses bras nerveux embrasséesEt dans sa poitrine enfoncées,
Cent piques s’abaissent soudain ,
Et ces armes ensanglantées,
Dans cent blessures arrêtées,Semblent s’attacher à son sein.
De fureur sa troupe enflamméeRedoublant ses mâles efforts,
Par la brèche qu’il a forméeSe précipite sur son corps.
O ciel! quel horrible carnage!
Que de sang arrose la plageOù vont croître tant de lauriers!
C’est la vengeance qui les guide...
Et l’éclair n’est pas plus rapideQue la hache de nos guerriers.
Ainsi, respectable patrie ,
Idole des cœurs vertueux,
Tu dois ton sort digne d’envieA ce citoyen généreux :
Par lui délivrés de nos chaînes,Héritiers des mêmes domainesHéritons des mêmes vertus,
Pour que notre terre nataleDe Sparte et de Rome rivale,
Trouve au besoin d’autres Brutus.
fl uses qui veillez à la gloireDes vrais héros et des bons rois,Gravez au temple de mémoireLa mort d’Arnold et ses exploits !