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Tome premier.
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303
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POÉSIES.

305

— Dans l’instant vais me découvrir;

Mais avant lever ma visière,

De Conrard je veux requérirUne grâce dernière.

Incontinent, à deux genoux,

Devant Conrard elle se jette :

Chacun lui dit : Relevez-vous ,

Pour supplier n’êtes plus faite...

— Ce que je puis, jure accorder,

Répond Conrard, dessus ma vie ;

Celle-là peut tout demander,

Qui sauva sa patrie.

— Rose lui répond : Tu le peux :

Entre nos deux maisons rivalesLa discorde alluma ses feux ;

Eteignons ces haines fatales.

Que ta fille Emma dès ce jourDevienne ma meilleure amie,

Et que d’un mutuel amourLe tendre nœud nous lie.

Au signe du père, Emma vient :

— Emma, quelle gloire est la tienne !

D’amitié Rose te prévient ;

Mets ta main droite dans la sienne,

Et puis toutes les deux jurezQu oubliant nos vieilles querelles,

Vos cœurs, par vos mains figurés,

Seront unis comme elles.

— Nous jurons ! disent toutes deux.

Lors, Rose levant sa visière,

Parait sans casque à tous les yeux... «.

Ce n’est plus la sœur, c’est le frère!...

Quoi, se dit-on, quoi, c’est Albouin !

De Rose il a voix et corsage :

Aux grâces d’une fille il jointD’un héros le courage.

Surpris, mais nullement chagrin,

Le vieillard, qui plus ne s’abuse,

S’approchant du couple incertain,

A ramour pardonne sa ruse :