POÉSIES.
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— Dans l’instant vais me découvrir;
Mais avant lever ma visière,
De Conrard je veux requérirUne grâce dernière.
Incontinent, à deux genoux,
Devant Conrard elle se jette :
Chacun lui dit : Relevez-vous ,
Pour supplier n’êtes plus faite...
— Ce que je puis, jure accorder,
Répond Conrard, dessus ma vie ;
Celle-là peut tout demander,
Qui sauva sa patrie.
— Rose lui répond : Tu le peux :
Entre nos deux maisons rivalesLa discorde alluma ses feux ;
Eteignons ces haines fatales.
Que ta fille Emma dès ce jourDevienne ma meilleure amie,
Et que d’un mutuel amourLe tendre nœud nous lie.
Au signe du père, Emma vient :
— Emma, quelle gloire est la tienne !
D’amitié Rose te prévient ;
Mets ta main droite dans la sienne,
Et puis toutes les deux jurezQu oubliant nos vieilles querelles,
Vos cœurs, par vos mains figurés,
Seront unis comme elles.
— Nous jurons ! disent toutes deux.
Lors, Rose levant sa visière,
Parait sans casque à tous les yeux... «.
Ce n’est plus la sœur, c’est le frère!...
Quoi, se dit-on, quoi, c’est Albouin !
De Rose il a voix et corsage :
Aux grâces d’une fille il jointD’un héros le courage.
Surpris, mais nullement chagrin,
Le vieillard, qui plus ne s’abuse,
S’approchant du couple incertain,
A ramour pardonne sa ruse :