306
POÉSIES.
— Adieu, cruelle Claire;
Rien ne puis-je obtenir?
— Quand vous voudrez cliose que puisse faire,.Preux chevalier, vers moi faut revenir.
Le chevalier colèreSort, la fureur au sein :
De se venger de la fidèle ClaireAurait-il donc le barbare dessein ?
Plus dur qu’il ne fut tendre,
Le monstre n’aime plus ;
Chez l’argentier tout d’abord s’en va prendreTrois anneaux d’or pour punir ce refus.
Le lendemain se jetteSur son puissant cheval,
Les trois anneaux portant dans sa pochette.
O chevalier ! lu vas faire du mal.
Le premier qu’il avise,
C’est le brave Fernand ,
Qui retournait, après la ville prise ,
A son châtel, voir la mère et l’enfant.
Tous deux quittent la selle ,
Causant en bons amis :
— M’apportes-tu quelque douce nouvelle.
Franc chevalier, de Claire et de mon fils?
— Ta Claire est toujours belle ,
Le beau garçon va bien.
— Mais dis-moi vrai : Claire est-elle fidèle ?
— Vois ces anneaux.... ne t’apprennent-ils rien?
Sur son coursier s’élanceLe malheureux Fernand.
Baissant son casque et brandissant sa lance ;
— Meurs , ou me tue , ô chevalier méchant ï
Se bat à toute outranceL’un et l’autre guerrier.
Enfin Fernand , par trop juste vengeance ,
Perce le cœur du félon chevalier.
Galopant ventre à terre ,
Arrive le jaloux.
— Oh! levez-vous, Claire, ma fille Claire:
Je vois venir mon gendre et votre époux.