d’àNTOINE-L.-H. DE POLIER.
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ët il mit la dernière main à un travail sur l’histoiredes Seikhs. C’est à Leknau qu’il commença à étudier lareligion et les traditions mythologiques des Hindous,dont la connaissance lui devenait nécessaire ; quoiqu’ilpossédât à fond la langue vulgaire de l’Inde, appeléemoors par les Anglais et ourdouzebain par les naturels,il dut apprendre le samscrit ou la langue sacrée, et ilchoisit pour maître Ramtchund, de la tribu militairedes Kaltris, homme très-savant qui entendait parfai-tement les livres religieux des Hindous et la mythologiede leur Pouranas, et qui se fit aider dans ses leçonspar deux Brahmines versés dans ce genre de science.
Polier prend Ramtchund dans sa maison ; il écritsous sa dictée le précis des principaux ouvrages théo-logiques des Hindous, et fait revoir son travail par lesdeux Brahmines, qui l’approuvent en tout point. Il nese sépara enfin de son maître de langue et d’histoireque pour monter sur le vaisseau qui le débarqua surles côtes d’Angleterre, en juillet 1788, après uneabsence de 32 ans. Le 22 mai de l’année suivante,le colonel Polier étant à Londres envoya au chevalierJoseph Banks, pour le musée britannique, les Baidsou Védas, car les livres sacrés des Hindous portentces deux noms : ces précieux manuscrits obtenusavec beaucoup de peines et de dépenses, les pre-miers qu’on ait vus en Europe, étaient accompagnésd’une lettre dans laquelle le donateur rend compte detout ce qu’il a fait pour se les procurer : il les offresous deux conditions : la première, exigée par lesBrahmines, est que ces cahiers ne soient jamais reliés