RELATIF A LA SUISSE.
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Entrés à Bâle le lendemain, nous commençâmespar la bibliothèque publique ; le savant bibliothécaireBuxtorf nous fit voir avec une extrême obligeancetout ce qui pouvait nous intéresser : on y conserveplusieurs manuscrits grecs, entre autres une copiedes IV Evangiles, qui a environ mille ans d’antiquité ;les œuvres de Grégoire de Naziance, avec les com-mentaires d’Elie de Crète, ornées de belles vignettes,qui représentent les anciens costumes des évêques,des prêtres et des laïques ; divers traités de S‘ JeanChrysostôme et les lettres latines de Pierre de Blois :c’est dans ce vase très-vaste que le concile de Bâle atenu sa première session. Nous y lûmes aussi letestament autographe d’Erasme, dont le tombeauchargé de son épitaphe est placé dans la nef de lacathédrale, à gauche de la chaire, près de la table oùles calvinistes reçoivent la communion, c’est-à-dire,dans le passage qui mène au chœur. OEcolampade ason tombeau dans le cloître ou péristyle de la mêmeéglise, avec une épitaphe qui nous parut de la plusgrande inconvenance; car elle porte qu’il a été lepremier auteur de la vérité évangélique dans cetteville et le véritable évêque de ce temple.
Toujours accompagnés du savant Buxtorf, nouspassâmes de la cathédrale à l’élégante habitation dusénateur Fæsh, qui nous accueillit avec beaucoupd’égards : au plain-pied est une bibliothèque riched’excellents livres , soit imprimés, soit manuscrits ;parmi ces derniers nous remarquâmes des ouvragesd’Isidore et de Bède, d’une grande antiquité ; à l’étage