LES ARGONAUTES ZURICOIS.
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trajet, nos Argonautes signalent avec joie les tours deBâle, qui retentissent du son des trompettes : du pontqui joint la grande ville à la petite, ils sont salués detrois coups de canon. La crainte de perdre la pluspetite portion d’un temps si précieux à leur entre-prise , les empêche d’accepter un rafraîchissement of-fert par les Bâlois à leurs Confédérés. Au-dessous decette ville, le Rhin, tranquille comme un lac, s’épan-che dans un large lit, coupé par des îles verdoyantes.N’ayant plus rien à craindre, la nef déploie une vitessetoujours plus accélérée : non loin de Brisach, elle estabordée par une légère nacelle, que Christophe Dan-ner, grand ami des Zuricois, leur expédie avec unchargement de vin, de saucissons et de radis. Latrompette sonne pour avertir et amener de Brisach de
nouveaux pilotes, qui ne se font point attendre_
c’était deux heures après midi : le soleil était ardent ;aucun abri n’arrêtait ses rayons ; les Argonautes sonttrempés de sueur ; leurs mains, peu accoutumées à larame , se couvrent d’ampoules cuisantes : mais ni lachaleur, ni la fatigue, ni la douleur, ne suspendentleurs généreux efforts. Les huit lieues, qui leur res-tent à faire pour aborder la capitale de l’Alsace, sontlestement franchies, et le soleil dorait de ses derniersrayons la tour de la Cathédrale , quand la nef aventu-tière assure son pavillon, s’élance dans le canal qui duRhin aboutit à la ville basse, et s’y arrête enfin aumilieu du concours et des fanfares des habitants ; carles Zuricois n’avaient pu se préparer si secrètementà leur voyage, qu’on n’en eût quelque soupçon à