POÉSIES.
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Le nom des Genevois vole jusqu’à la Chine...
Les Genevois sont bons, civils à l’étrangerQui vient avec plaisir dans leurs murs sc ranger,
Où s’assemblent souvent de diverses provinces ,
Pour s’y lormer l’esprit, barons, comtes et princes.Quoique bons ménagers , sobres dans leurs repas ,
De leur économie on ne s’aperçoit pas
Dans les festins d’honneur, dans les fêtes publiques;
Et comme ils ont de quoi se montrer magnifiques,
Qu’ils tirent à souhait de la terre et des eaux
De quoi fournir au goût les plus friands morceaux,
Alors de ménagers ils deviennent prodigues :
Leur libéralité ne souffre point de digues;
Ils donnent avec joie , elle éclate en leurs yeux...
Et pour leurs charités, il n’est point sous les cieux,Quand il faut relever le prochain de ses perles,
Ni de cœurs plus humains, ni de mains plus ouvertes.Les sciences chez eux se joignent aux beaux arts;
Leur renom sur ce point s’étend de toutes parts;
Leur érudition et solide et profondeA fourni des savants en divers lieux du monde, etc.
.Vote. La pièce dont ces vers sont tirés paraît assez ancienne. Nous repro-duisons ce fragment qui ne manque ni de verve, ni d'intérêt, ni de vérité, etnous l’offrons aux littérateurs genevois, en les priant de nous apprendre à quelleépoque et par qui il a été composé : il servira à prouver qu’au temps passé lapoésie n’était pas si étrangère aux bords du Léman, que certains détracteurs l’ontprétendu. Ces vers en valent bien d’autres, qui leur sont postérieurs de plusd’un siècle, et la description de la montre n’est point sans mérite , tant s’enfaut, n’eut-elle que celui de la priorité.
STROPHES.
Quand l’auteur des Loisirs d’Euterpe et de Polymnie,passa à Francfort, un de ses compatriotes qui habite cetteville, lui adressa les strophes suivantes ;
Noble ami du dieu qui m’inspire,
B(ridel) qu’as-tu fait de la lyre,
Dont le Pinde admirait les airs ?
Du long travail de la penséeTon àme injustement lasséeA-t-elle oublié l’art des vers?