POÉSIES.
551
Applaudissons la fête fédérale
Qui réunit nos cœurs et nos faisceaux :
L’aimable accueil de nos hôtes de Bâle ,
De vingt cantons embellit les drapeaux.
Embrassons-les dans les champs des RauraquesLes descendants de ces braves guerriers,t Dont Morgarten et Morat et S* Jacques
Ont consacré les noms et les lauriers.
Mâles soutiens de la vieille Helvétie,
S’ils sont vainqueurs, c’est pour la liberté;
A l’affermir s’ils prodiguent leur vie,
L’exemple en reste à la postérité.
Loin, loin de nous le démon de la guerre.....Mais si jamais d’injustes agresseursEntreprenaient d’asservir notre terre,
Tous ses enfants seraient ses défenseurs.
De chaque roc , et de chaque colline ,
Sur l’ennemi pleuvrait un plomb mortel,
Et dans nos bras l’adroite carabineRemplacerait l’arbalète de Tell.
£ ; Dans ses remparts, où de sa main puissante
Mars dès longtemps fixa l’égalité ,
Aujourd’hui Bâle â ses amis présenteTous les plaisirs de la fraternité.
L’air retentit de chants patriotiquesi Qui vont frapper les échos étonnés ,
Et les cadets des tributs helvétiquesMêlent leurs voix aux concerts des aînés.
De vos bontés la trace est trop profondePour que l’oubli l’efface un seul moment:
Du Rhin , plutôt la source vagabonde[ Irait grossir les ondes du Léman.
Serrons nos mains. Elles seront l’emblème
Du double nœud qui nous lie aux Bâlois :Puissent chez eux se conserver de mêmef* Le souvenir et l’amour des Vaudois !