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Tome douzième.
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POESIES.

La ressource des vaincus en 1798 .

« Nous sommes les plus forts, en vain vous résistez ;

» Vos trésors sont à nous , ainsi que vos cités ;

» Payez, » dit avec arrogance

Le fameux Rapinat : « payez.» On lui répond :

« Notre or et notre argent sont en votre puissance ;

» Mais il nous reste encor du plomb. »

Le Gascon et le Bernois.

Un gascon plaisantait un bon HelvétienSur ce reproche usé d’intérêt, d’avarice :

Sans cesse il répétait : « Point d’argent point de Suisse ; »S’égayait sur ce texte et ne ménageait rien.

« Vous ne visez qu’à l’or, disait le saltimbanque ;

» Nous... nous cherchons la gloire en tous lieux, à tout prix.Le Bernois lui répond : «Je n’en suis point surpris :

» Chacun cherche ce qui lui manque. »

Réplique d'un homme libre.

« Que de fables dans votre histoire ! »

Disait au vieux Reding un fournisseur français.

(C’était, si j’ai bonne mémoire ,

Au temps heureux du Directoire.)

« Car tous ces grands récits de combats, de hauts faits,

» De chevaliers brigands, punis de leurs excès» Par des pâtres toujours suivis de la victoire,

» Tous ces châteaux détruits, qui, s’il faut vous en croire,» Attestent la valeur de vos braves aïeux,

» Vos Tell si courageux , vos Gessler si barbares ,

» Tout cela n’est, que contes bleus,

» Faits pour amuser des ignares. »

L’flelvétien répond : « Hélas !

» De tout temps , je le sais , les Tell ont été rares,

» Mais les Gessler ne le sont pas. »