DES SOLS.
7
tireurs venus des villes impériales du Rhin, et d’ungrand nombre de barons souabes et thurgoviens ac-courus à la fête, et qui ne pouvaient supporter de céderla palme des jeux à des gens qu’ils appelaient d’igno-bles paysans. Ces gentilshommes surtout n’avaientoublié ni les railleries, ni les affronts que leur avaientfaits les montagnards des cantons populaires durantla dernière guerre, en représailles de leurs grossièresinjures.
Le dernier jour du tir, jusqu’alors très-paisible, unLucernois ayant perdu un pari avec un noble deConstance , lui présenta dans le paiement quelquessols de Berne (plappart) ; celui-ci les lui jeta à la tête,en disant : «. Nous ne voulons pas à Constance de cespièces de vache... Vous autres vilains bouviers n’avezpas le droit de battre monnaie. » Sur cet outrageantpropos, le Lucernois prit aux cheveux son antagoniste :alors il se fit un attroupement tumultueux des bour-geois de la ville et des confédérés ; des menaces onen venait aux coups, quand les officiers suisses par-vinrent à conjurer l’orage, en promettant aux leursde demander et d’obtenir justice d’une injure aussisanglante. Thomas de Schar, chancelier ; Jacob Kas-tenhoffer, chef des arbalétriers ; Melchior Kursen ,conseiller ; Henri Hupscbi, tous Lucernois ; le ban-neret de Schwytz ; des conseillers de Glaris et de Zug,et quelques autres capitaines se rendirent en hâteauprès des magistrats assemblés à l’hôtel de ville etdemandèrent satisfaction de cet affront et châtimentde l’insolent qui avait troublé la paix publique : mais