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Tome treizième.
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LA GUERRE

loin dobtenir ce quils demandaient raisonnablement,la Régence, mal informée ou mal intentionnée, or-donna à tous les confédérés de sortir sur le champ deConstance. Les jeunes Suisses, braves et bien armés,quoique fort inférieurs en nombre , voulaient opposerla force à cet inexcusable traitement ; mais leurs chefseurent assez dascendant sur eux pour les contenir etles engager à évacuer tout de suite cette ville inhos-pitalière. Toute la troupe helvétique , en bonne con-tenance et en rangs serrés, gagna la porte au milieudes huées de la populace et des vociférations desbourgeois et tireurs allemands, qui ne leur épargnè-rent point les sobriquets injurieux de vachers, debouviers, de trayons (Kuhmelker), et ce fut en fré-missant de rage que les divers contingents regagnèrentleur demeure. Sitôt que le bruit de cette scène flétris-sante se répandit en Suisse, il ny eut quun cri pourvenger lhonneur national, et apprendre à la ville deConstance quon ninvitait pas les Confédérés pour lesoutrager impunément. Une Diète sassemble et prendles plus énergiques mesures pour faire respecter leCorps helvétique, et prouver à lAllemagne attentivequil ne, se manque point à lui-même. Les huit an-ciens cantons, Soleure, Bâle et Appenzell, qui nelétaient pas encore ; les villes de S Gall et de Bienne,le comté de Toggenbourg envoient leurs lettres dedéfi à Constance, et sous la conduite dun brave offi-cier dUnterwald part incessamment un corps den-viron 4 000 confédérés, parmi lesquels étaient 300Soleuriens, commandés par le noble Nicolas de Wengi.