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LA GUERRE
loin d’obtenir ce qu’ils demandaient raisonnablement,la Régence, mal informée ou mal intentionnée, or-donna à tous les confédérés de sortir sur le champ deConstance. Les jeunes Suisses, braves et bien armés,quoique fort inférieurs en nombre , voulaient opposerla force à cet inexcusable traitement ; mais leurs chefseurent assez d’ascendant sur eux pour les contenir etles engager à évacuer tout de suite cette ville inhos-pitalière. Toute la troupe helvétique , en bonne con-tenance et en rangs serrés, gagna la porte au milieudes huées de la populace et des vociférations desbourgeois et tireurs allemands, qui ne leur épargnè-rent point les sobriquets injurieux de vachers, debouviers, de trayons (Kuhmelker), et ce fut en fré-missant de rage que les divers contingents regagnèrentleur demeure. Sitôt que le bruit de cette scène flétris-sante se répandit en Suisse, il n’y eut qu’un cri pourvenger l’honneur national, et apprendre à la ville deConstance qu’on n’invitait pas les Confédérés pour lesoutrager impunément. Une Diète s’assemble et prendles plus énergiques mesures pour faire respecter leCorps helvétique, et prouver à l’Allemagne attentivequ’il ne, se manque point à lui-même. Les huit an-ciens cantons, Soleure, Bâle et Appenzell, qui nel’étaient pas encore ; les villes de S‘ Gall et de Bienne,le comté de Toggenbourg envoient leurs lettres dedéfi à Constance, et sous la conduite d’un brave offi-cier d’Unterwald part incessamment un corps d’en-viron 4 000 confédérés, parmi lesquels étaient 300Soleuriens, commandés par le noble Nicolas de Wengi.