48 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
sont, s’ils le veulent, en état d’accomplir de bien grandes
choses.
Parmi les questions que soulève l’accomplissement destravaux publics, il en est une qu’à diverses époques l’éco-nomie politique a discutée, età laquelle elle a donné dessolutions différentes, selon les idées qui régnaient autourd’elle ; je veux parler de la participation des gouverne-ments à ces entreprises.
Cette question devra occuper notre attention. Par sonétendue, par la variété des sujets qu’elle embrasse, ellepeut être considérée comme impliquant tout un systèmed’économie publique.
Des esprits distingués ont enseigné pendant longtempsqu’il n’appartenait pas à un gouvernement de s’immiscerdans les travaux publics, qu’il ne saurait y réussir, quel’industrie privée seule pouvait s’en charger avec succès.Dès à présent, je tiens à vous déclarer que je ne partagepas cette opinion absolue. Je vous en signalerai l’exagé-ration et même les dangers. Je ne vous recommanderaipas l’opinion diamétralement opposée : il s’en faudra. Jene vous dirai pas que l’État doit tenir en sa seule maintous les fils du réseau des communications, construiretoutes les voies de transport, de ses seuls deniers, parses seuls agents. En général, les doctrines absolues etexclusives, de quelque nature qu’elles soient, ne sontpas celles que je vous enseignerai. Je les crois grosses depérils : in medio virtus; la justice et la raison sont à égaledistance des deux extrêmes : vérité féconde, opportunedans tous les temps, mais surtout dans le nôtre, qui doitl’avoir apprise à ses dépens.
De tout temps,les gouvernements se sont mêlés des voiesde communication, et en général des travaux publics.Les gouvernements des temps anciens, qui avaient pourle sort des populations plus de sollicitude qu’on ne l’a dit