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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.

combien de plans ont été proposés à cet effet. Jusques iciaucun n’a réussi : cette absence de résultats est due àplusieurs causes. Les capitaux ne se tournent pas assezvers l’agriculture en France, parce que nous avons peude capitaux. Nous commençons à produire beaucoup,mais pai’mi quelques classes de la population nous n’é-pargnons pas assez ; la sainte habitude de l’épargne,contractée à une époque où l’on produisait moins, s’af-faiblit sensiblement. L’éducation agricole est négligée,ou pour mieux dire, elle n’existe pas; c’est pourtant làle véritable enseignement primaire de la France. Enoutre, il faut le dire, les lois qui régissent la propriétéfoncière sont telles que le crédit n’est pas tenté de seporter de ce côté : en peu de mots, je vous en soumets ladémonstration non équivoque.

Au premier abord, il semble qu’une créance hypo-thécaire devrait rapporter un intérêt tout au plus égal àcelui que rend la propriété foncière. Je dis tout auplus égal, je pourrais dire sensiblement moindre.

L’intérêt, en effet, que rapporte un placement quel-conque est, vous le savez, en raison inverse de la sûretédu placement. Plus le gage est assuré, plus le payementdes revenus est garanti, plus le recouvrement du capi-tal engagé est infaillible, et plus l’intérêt est faible. Or,en supposant une créance hypothécaire qui soit bonne,si aucun obstacle artificiel, étranger à la nature intimedes choses, n’était venu susciter abusivement au prêteurdes chances de perte ou de retard, celui-ci aurait unmeilleur gagequele propriétaire lui-même; meilleur, carune bonne créance hypothécaire n’excède pas la moitié oules deux tiers de la valeur de la propriété hypothéquée ;meilleur, car le créancier hypothécaire n’a à redouterni la grêle, ni la sécheresse, ni les inondations, ni lesépizooties, ni l’incendie des récoltes, ni l’infidélité ou