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TROISIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
l’insolvabilité d’un fermier. La propriété rendant 3pour 100 à peu près, il semble donc que les placementshypothécaires ne devraient rapporter que 2 et demi.environ. Eh bien, en fait, le taux minimum des empruntshypothécaires est de 5, sans compter les droits prélevéspar le fisc, les frais d’actes et les renouvellements. Jene cherche pas ici d’où peut provenir cette anomaliefâcheuse entre les indications à priori du bon sens, et lafâcheuse réalité des choses, je me borne à signaler lefait lui-même. Il est évident qu’il y a là quelque causeperturbatrice à reconnaître, afin de la neutraliser. J’a-joute seulement qu’emprunter à 5, et quelquefois à 6 ouà 7, en tenant compte des frais accessoires, et même à10 ou à 12, pour améliorer des propriétés rapportant 3,est une opération détestable ; et il n’en faut pas davan-tage pour que les capitaux soient peu empressés à sediriger, par la voie de l’emprunt, vers l’agriculture.
C’est cependant, Messieurs, le résultat qu’il faut ob-tenir. L’agriculture, chez nous, est le premier des arts,elle doit être traitée comme telle. Les richesses que recèlenotre sol sont infinies, il ne s’agit que de les en fairesortir. En agriculture il n’y a pas de petite amélioration,parce que le moindre perfectionnement y est multipliéaussitôt par un coefficient énorme. J’en choisis unepreuve entre mille; je vous cite un détail, un petit détailseulement; vous aurez ainsi la mesure de ce qu’il estpossible d’obtenir. Les agronomes assurent que nosmoutons ne donnent pas un revenu brut quotidien deplus de 2 centimes par tête. Ils ajoutent qu’il seraitfacile de porter assez promptement ce produit brut à4 centimes. Savez-vous ce que gagnerait la France àcette augmentation insignifiante en apparence de 2 cen-times ? 235 millions par an.
On parle beaucoup de procurer à nos manufactures