Ci COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
particulier d’opportunité, et je puis le dire sans exagéra-tion, de grandeur, à l’intérêt de quiconque est jaloux devoir la prospérité publique s’accroître, la force produc-tive des sociétés se développer, l’empire de l’hommesur la nature s’étendre. C’est le crédit, avec les nom-breuses institutions qui s’y rattachent.
Le crédit, je vous le disais l’an dernier à pareille épo-que, a pour but de rendre les capitaux, fruits du travailantérieur, disponibles ou profitables pour le travailprésent. Il fait concourir la richesse acquise à la créa-tion d’une richesse nouvelle. Les institutions de créditservent à rendre les propriétés de toute nature faci-lement échangeables, si bien que toute propriété réellepuisse être offerte comme un gage certain presque àl’égal de la monnaie métallique. Dans cette vue, lespeuples civilisés ont déjà imaginé des artifices légauxqu’ils ont plus ou moins heureusement conciliés avecles précautions commandées au législateur contre l’es-prit de dissipation. Nous devrons les examiner.
De nos jours, le crédit, s’il n’est pas encore un faitgénéral, tend à le devenir. Il offre au faible une ressourceprécieuse, au puissant un levier avec lequel on peutmodifier l’équilibre commercial des cités et des royau-mes. Il se présente ici dans les proportions d’un grainde sénevé, là, avec les dimensions d’un arbre immense,répandant autour de lui un vaste et tutélaire ombrage.Il est invoqué par le plus humble des travailleurs, parcelui dont la banque est le mont de piété ; il l’est par lecommerçant qui couvre la mer de ses vaisseaux, ou parle grand manufacturiei; qui a sous ses ordres autant d’ou-vriers que Miltiade comptait de soldats à Marathon. Ill’est par les gouvernements dont un froncement de sour-cil agite l’univers.
Nous aurons à étudier distinctement le mécanisme