QUATRIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 65
du crédit public, je veux dire du crédit des États, et celuidu crédit industriel, qui est destiné à faciliter les trans-actions particulières ; et, à ce sujet, je vous recommandede ne pas oublier que le mot industrie signifiera toujoursici également et le travail agricole, et le travail manu-facturier, et le commerce. Nous rechercherons les condi-tions de la force du crédit dans son acception généraleet spéciale. En étudiant les lois qui le régissent, nousnous efforcerons de mesurer les services qu’il a renduset ceux qu’on est fondé à en attendre. Nous ne nous bor-nerons pas là; nous ne nous dissimulerons pas les mauxqui en sont sortis lorsqu’on en a fait abus, ni ceux dontil a été le prétexte. Maintes fois, en effet, les hommes quele crédit abritait sous son vigoureux feuillage, et aux-quels il dispensait ses fruits, se sont laissés aller à unesécurité funeste et à un repos fatal, et le crédit a été poureux semblable à ces arbres perfides des îles de la Sonde,dont l’ombre fait passer la mort dans les veines de l’im-prudent qui s’est endormi à leur pied. D’autres fois, à lafaveur des banques, s’est développé l’agiotage, c’est-à-dire la spéculation sans travail, quelque chose qu’onpeut appeler la piraterie des sociétés policées. J’essaieraide vous exposer ces cas pathologiques ; je vous ferai con-naître les remèdes qu’on y a appliqués déjà avec quelquesuccès, et je vous en signalerai d’autres que la pratiquen’a pas encore été appelée à sanctionner, et qui ont étéimaginés dans le but d’élever la simple probabilité surlaquelle s’appuient les opérations des banques, de ma-nière à la rapprocher de la certitude.
De même, trop souvent, l’abus du crédit public afait apparaître, pour la honte des États et pour la ruinedes citoyens, le monstre contre lequel Mirabeau faisaitnaguère entendre sa voix tonnante, la hideuse banque-route. Dans l’exposé historique que je vous tracerai, je nei. 5