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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
Je n’en citerai qu’un exemple, le plus éclatant detous. Il y a un demi-siècle, l’Angleterre possédait surle continent américain treize modestes colonies, qui, en-semble, comptaient à peine deux millions et demi d’âmesresserrées entre la meretlesmontsAlleghanys, surlalon-gue lisière d’un littoral au terroir sablonneux et pauvre.On savait, par les rapports de quelques voyageurs auxquelsune poignée de nos compatriotes, soldats et missionnai-res, avaient montré le chemin, qu’au delà des monts sedéployaient des terres plus fertiles ; on n’ignorait pas nonplus que cet immense territoire qui s’étendait par delàles montagnes, à l’ouest, était coupé des fleuves les plusmagnifiques et les plus commodes pour la navigation.L’Ohio s’appelait alors la Belle-Rivière, et le Meschas-cebé ou Mississipi était qualifié, comme aujourd’hui, dePère-des-Eaux ; mais ceux qui étaient allés visiter cesexcellentes terres, ou se confier sur une pirogue aucours de ces fleuves majestueux, étaient à bon droitréputés intrépides, et on les comptait. Ce bel et vastedomaine, qui semblait promettre à l’homme une amplerémunération de ses labeurs, et que la nature paraissaitavoir destiné à former le siège d’un magnifique empire,demeurait le patrimoine incontesté et inculte de tribussauvages, ennemies du travail, et par conséquent miséra-bles sur ce sol si riche, dont elles partageaient la domi-nation avec la panthère et avec le serpent à sonnettes.Disposés en avant des vallées intérieures de l’Amérique,comme le seraient sur le front d’une place forte des en-ceintes successives étagées les unes derrière les autres,les monts Alleghanys, avec leur longueur de deux millekilomètres et leur largeur de deux cents et plus, oppo-saient au génie envahissant de la population du litto-ral une barrière qu’on supposait à peu près insurmon-table.