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QUATRIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
tout à l’heure, sont venues au monde sans qu’on les eûtannoncées à l’avance. Elles ont semblé naître du hasard,provoquées par cet instinct qui porte toujours les hom-mes à se mettre au-dessus des maux qui les menacent.De la sorte, nous trouvons encore ici la preuve de ce quej’exprimais tout à l’heure, que le mal semble avoir pourmission de susciter le bien, et que l’homme n’avance surla terre que comme le coursier auquel il faut que l’épe-ron déchire les flancs pour qu’il sente s’éveiller sonardeur. Dans le moyen âge, quand le commerce eut étérestauré, ce fut la peur des voleurs, sentiment assuré-ment bien vulgaire, qui, plus que toute autre cause, dé-termina les commerçants de quelques villes florissantes,de Venise, de Gênes, de Hambourg, de Nuremberg,d’Amsterdam, à remettre en un lieu sûr, sous la gardede la force publique, le numéraire dont ils étaient lesdétenteurs. Ainsi naquirent les banques de dépôt, quidevinrent ensuite des banques d’escompte, c’est-à-direfaisant des avances au commerce, puis des banques decirculation, c’est-à-dire émettant des billets. De mêmepour le crédit sous la forme la plus individuelle, s’exer-çant en dehors d’institutions publiques. Ce fut l’esprit despoliation, dont étaient animés alors les gouvernementset les seigneurs féodaux, qui contraignit une nationd’hommes persécutés, les juifs, à imaginer comme uneprécaution contre la violence, dans la transmission desvaleurs d’un point à un autre, la lettre de change, deve-nue aujourd’hui un des pivots du commerce et du crédit.
Le crédit industriel peut demander, non sans quelquefierté, d’être jugé par ses œuvres. L’assistance qu’il afournie à la production est déjà surprenante, et les faci-lités qu’il a données à l’homme dans ses combats contrela nature, sont dignes d’exciter l’admiration et la recon-naissance.
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