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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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86 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

pu un jour, dans l’enivrement de sa gloire, exprimer leregret qu’il ne restât plus rien à conquérir. Ce motd’Alexandre le Grand peut être exact à la guerre ; lesconquêtes militaires, en effet, sont bornées par leur na-ture même;'elles ont une limite assignée d’avance, etqu’au surplus nul n’a jamais pu atteindre, car l’empireuniversel n’a encore été que la vaine utopie de quelquespuissants souverains. A la guerre, une conquête de plusaffaiblit le conquérant, parce qu’à obtenir elle coûte unsacrifice, et à conserver elle l’oblige à diviser ses forces.Mais cette orgueilleuse récrimination du grand Alexandrecontre le destin est une plainte de guerrier qui, heureu-sement, ne peut plus trouver place dès qu’il s’agit desconquêtes de la civilisation, de celles qui s’opèrent parl’intelligence ; et celles de l’industrie sont dans ce cas,Messieurs, car l’industrie est la domination de l’esprithumain sur le monde matériel. Plus l’intelligence con-quiert, plus elle a à conquérir; c’est une marche ascen-dante où l’on n’arrive jamais au point culminant. Parl’enchaînement intime de toutes les lois de la nature,les découvertes en amènent d’autres à leur suite, et non-seulement celles-ci en entraînent de nouvelles, mais ellesen font pressentir et désirer d’autres encore. Ainsi, pluson avance, et plus l’horizon qui borne la vue recule, demanière à laisser voir un espace toujours plus vaste ;plus même on acquiert la confiance et la convictionqu’au delà de ce qui est visible il reste bien davantage àdécouvrir.

C’est ce sentiment que le plus illustre des philosophesde la Grèce exprimait avec bonheur par une formulemodeste qui contraste singulièrement avec celle du bel-liqueux Alexandre. A la suite de toutes ses recherches etde toutes ses veilles, quand il se fut approprié tout cequ’avait recueilli la science, et qu’il y eut ajouté de son