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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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QUATRIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

En m’exprimant ainsi sur les services que le créditindustriel a rendus en Amérique, je n’ai point la penséede recommander à l’imitation de l’Europe le système desbanques américaines. Si l’Amérique a habilement usé decrédit, elle a fini par en abuser étrangement. L’Améri-que du Nord, terre vierge où tout était à faire, à com- 'mencer par la population elle-même, a été jusqu’à cejour en cours de défrichement. Ses habitants se sont ac-quittés de cette tâche avec un rare bonheur, parce qu’ilsy apportaient une persévérance extrême, un indomp-table courage. Mais pour cette œuvre spéciale, il a falluà ce peuple des institutions spéciales aussi. Dans l’Amé-rique du Nord, la civilisation, encore à son début, s’esttrouvée tout entière dans des conditions provisoires.L’empreinte du provisoire a dû s’y montrer partout ; touta dû y avoir une couleur locale et un cachet particulier.Dans les entreprises diverses de ce jeune peuple et dansles institutions de toute espèce destinées à les activer,presque tout a été aventureux, parce que tel est le ca-ractère propre à la jeunesse qui s’essaye. Je n’ai pointà indiquer ici ce que je ne puis pressentir pour l’avenirpolitique de l’Union américaine ; mais quant aux institu-tions de crédit industriel, je tiens pour certain qu’elles nesauraient plus subsister en Amérique sous la forme qu’ellesavaient affectée jusqu’à ce jour, et, sur ce point, jepourrais invoquer l’opinion presque unanime aujour-d’hui des Américains eux-mêmes. L’Amérique du Nordorganisera prochainement son crédit, on doit le croire,d’après des idées plus conformes aux besoins d’une so-ciété assise. Mais ici, ce que j’ai entendu vous recom-mander, ce n’est point telle ou telle forme déterminéedes institutions de crédit; c’est le principe du créditlui-même.

Dans l’antiquité, le plus fameux des conquérants a