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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
fortune mobilière plaçant, à côté de la propriété antiquequi était le sol, une autre propriété d’un caractère plusmobile et plus transmissible, a introduit dans le domainedu travail d’autres habitudes, d’autres mœurs, et a faitsurgir parallèlement à l’ancien droit, à l’ancien code, un ?
autre code, un autre droit que le législateur a reconnuset consacrés. Cette législation commerciale aux procédésexpéditifs, ce qui ne l’empêche point d’être équitable etrespectueuse pour le droit de propriété, permet au cré-dit de fonctionner et de répandre ses bienfaits à mainspleines. Elle est la condition même de l’existence réelledu crédit. Partout où vous verrez les manœuvres lentes,les rouages complexes et les points fixes du droit ancien,qui, sorti de l’agriculture, semble comme elle se réglersur la marche peu accélérée des saisons, ou sur despériodes plus longues encore, vous vous épuiserez enefforts inutiles pour trouver au crédit une place com- *
mode. De sorte que si vous voulez jouir quelque part desavantages du crédit, il faut y faire prévaloir les alluresdu droit commercial, qui a horreur des longs délais etdes attermoiements, qui affectionne la précision et laponctualité, qui simplifie les formes de la responsabilité,élague les accessoires et va droit au fait. Delà, Messieurs,une réaction singulière dont nous sommes ou devonsêtre les témoins. Le seul travail que connussent les so-ciétés antiques, le travail agricole, entraîné dans de nou-velles voies, a, lui aussi, besoin de crédit. Il languit etdéchoit si on le lui refuse ; mais il ne peut en trouver àmoins qu’on ne modifie les formes du droit romain com-pliqué de droit féodal auxquelles il a été soumis jusqu’àce jour. Le crédit agricole et le crédit foncier qu’il n’estpas mal d’en distinguer pour plus de précision (1), puis-
(1) Dans les discours précédents on les a confondus sous le titre de Cré-dit agricole.