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CINQUIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
que le propriétaire et l’agriculteur ne sont pas nécessai-rement en droit et en fait une seule et même personne,ces deux formes du crédit qui sont très-proches voisinesl’une de l’autre, qui sont solidaires, et qui, ensemble,constituent le premier de tous les crédits, puisque larichesse territoriale est la première des richesses etl’agriculture le premier de tous les arts ; le crédit agri-cole, dis-je, et le crédit foncier sont incompatibles avecles obligations auxquelles le législateur même dans lestemps modernes, et même dans notre propre patrie,cédant aux réminiscences du passé, a astreint la pro-priété territoriale et la culture du sol. Déjà, dans quel-ques pays du nord de l’Europe, le crédit foncier est flo-rissant, parce que les gouvernements bien inspirés y ontallégé, pour l’agriculture ou la propriété territoriale, lesgênes de la tutelle étroite et ombrageuse du droit ancien.Le problème du crédit foncier et agricole, dont on re-cherche la solution avec anxiété chez nous, n’en a depossible qu’à la condition d’introduire en une certaineproportion, dans le régime du travail agricole et de lapropriété sur laquelle il s’exerce, les usages et les loisqui régissent le travail manufacturier et commercial etla propriété mobilière.
A moins de modifications de ce genre, le crédit, fon-cier et le crédit agricole sont impossibles, et l’espoir deles installer chez soi n’est qu’une vaine illusion. De sorteque, si la loi ne vient pas à établir ces rapprochementsentre l’agriculture et la propriété foncière d’une part,l’industrie commerciale ou manufacturière et la pro-priété mobilière d’autre part, il faut absolument renoncerau crédit agricole et au crédit foncier. Qu’on ne disepoint que ce serait un empiétement audacieux du droitcommercial sur un terrain où il n’eût jamais dû se pré-senter. Non, il ne s’agit que d’une assimilation heureuse