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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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100 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

parce qu’il la tient pour une garantie d’ordre, et qu’illa juge amie de la sécurité générale et individuelle, pro-tectrice des droits de chacun. Lorsque la liberté seprésente sous les dehors de la violence et de l’emporte-ment, lorsque ceux qui prétendent la servir transgres-sent audacieusement les droits de leurs semblables, etméconnaissent des engagements solennels, le crédits’enfuit précipitamment; c’est qu’aussi alors la libertén’est qu’un nom mensonger. Telle est la nature du cré-dit, que le calme lui est indispensable, qu’il ne peutvivre que dans une atmosphère où l’on respire cetteopinion salutaire, que le plus bel usage que les peuplespuissent faire de la liberté consiste à respecter la loi et àremplir leurs engagements avec un religieux scrupule.

C’est même un des traits particuliers au crédit publicque, quelle que soit son affinité pour la liberté, s’il luifallait absolument choisir entre la torpeur du despo-tisme et les secousses tumultueuses de l’anarchie, il nebalancerait pas à préférer l’inertie silencieuse et mornedu premier aux orages du second. Cette observationdonne la clef de quelques incidents de l’histoire du cré-dit, qui autrement seraient inexplicables. Elle fournitnon la justification mais l’explication de certains faitsaccomplis que le sentiment patriotique trouve extrême-ment offensifs et dignes de mille blâmes.

Par sa modération, et avec le caractère régulier qu’ilimprime même à l’agitation publique, le régime re-présentatif, lorsqu’il est sincère, est éminemment pro-pice au crédit public et lui présente un terrain surlequel il se développe merveilleusement. Sous ce régime,en effet, on voit les peuples prendre, avec maturité etdélibération, des engagements qu’on ne pourrait violersans faire à l’honneur national de profondes blessures.La foi publique n’est plus seulement celle d’un prince