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CINQUIÈME DISCOURS D'OUVERTURE.
de Napoléon était à son apogée, c’était presque commele Sénat romain mettant en vente le champ où Annibalse tenait campé après la bataille de Cannes. De tous lesévénements semés dans l’histoire du crédit public, c’estpeut-être le plus remarquable. Je me garderai bien dele passer sous silence, sous prétexte que la nation qui lefait valoir, non sans raison, comme un titre d’honneur,était alors en guerre avec nous ; et vous me saurez gréde l’avoir traduit devant vous, parce que le patriotismeest une vertu si noble, qu’il faut la célébrer partout,même chez ses adversaires. Et puis, Messieurs, c’est l’oc-casion déplacer ici une remarque parfaitement opportunea notre époque, où les intérêts matériels prennent uneplace de plus en plus vaste dans les soucis des gouverne-ments et dans ceux des particuliers, à savoir, que chez lesgouvernants la politique favorable aux intérêts matériels,et chez les gouvernés le goût universel qui se déclare enfaveur de ces mêmes intérêts,ne doivent jamais se séparerdes principes solennels d’honneur et de patriotisme, endehors desquels il n’y a pas de grandeur ni de gloire pourune société, de calme ni de bonheur pour les individus.L’exemple que je viens de vous citer de la nation la plusindustrieuse, la plus riche, la plus amoureuse du gainqu'il y ait en Europe, prouve clairement à quel degréles préoccupations d’intérêts matériels peuvent s’associerintimement avec l’esprit public, avec l’amour de la pa-trie, avec les plus beaux attributs de la vie politique !
Jusqu’à présent, c’est pour supporter les frais de laguerre principalement que les gouvernements se sontlivrés à l’emprunt. Les prêteurs alors n’ont fourni leursfonds à l’État qu’à des conditions plus ou moins onéreu-ses. C’est pourquoi l’emprunt est en général impopu-laire. Les populations le détestent à cause dès chargesqu’il leur met sur les épaules sans compensation. Il en