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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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104 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

serait autrement, si les produits de l’emprunt avaientplus fréquemment reçu une autre destination, s’ilsavaient servi à féconder le territoire. Il est donc permisde penser que l’opinion se modifiera au sujet de l’em-prunt. Pour qu’il en soit ainsi, les gouvernements n’ontqu’à faire fonctionner la pompe aspirante de l’empruntdans une pensée d’utilité publique, quand les circons-tances indiquent qu’il y a lieu ; et de nos jours, avec lapassion, qui distingue le siècle, pour les améliorationsmatérielles rapidement accomplies, rien n’est facilecomme de trouver ces occasions.

Par un autre côté encore, le crédit public touche à lapolitique. Il y a des pouvoirs qui passent pour absolus,des gouvernements qui sont qualifiés de despotiquessans réserve, qui se croient tels peut-être. Mais en réa-lité, en dehors des contrées barbares, le despotisme com-plet est impossible, et le pouvoir absolu n’est qu’unechimère ; car toujours dans les pays civilisés l’intelli-gence s’est développée et exerce un certain empire, et parconséquent la force brutale, dont la prédominance est lesigne distinctif du despotisme, y a un correctif. C’estl’esprit bien plus que la force matérielle qui. chez lespeuples civilisés, quels qu’ils soient, à quelque genre degouvernement qu’ils se soient soumis, possède l’autoritésuprême. On retrouve ainsi, dans toute société civilisée,des éléments libéraux qui revêtent des formes bien di-verses, depuis celle de la chanson jusqu’à celle d’unecompagnie judiciaire, comme étaient les parlementsdans l’ancienne monarchie française. Je ne parle pas despeuples qui jouissent du régime représentatif, et où lescitoyens sont investis de la triple immunité de la libertéindividuelle, de la liberté des cultes, de la liberté de lapresse, parce que chez ceux-là le contre-poids agitde toute son énergie, et les éléments libéraux y sont