H6 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,
mais en général les professions industrielles étaient ré-prouvées chez les peuples anciens. Il faut convenir que,pendant bien des siècles, jusqu’à la génération qui nousa précédés , les peuples civilisés qui ont succédé à l’em-pire romain ne furent guère plus avancés. Ils attachaientpeu de considération à l’exercice des arts utiles. Le droitde l’épée avait primitivement constitué tous ces royau-mes formés des débris de l’empire des Césars ; le pre-mier rang y appartenait à l’épée, et l’industrie étaitreléguée bien loin dans la roture par l’incurable vanitédes privilégiés. Ce qui tenait à la culture de l’esprit étaitparvenu à s’émanciper : sur la fin de l’ancien régime, onne dérogeait pas, on s’honorait par la culture des scienceset des lettres; mais on perdait, par l’exercice des artsindustriels , la noblesse que l’on conservait en montantsur les planches de l’Opéra. Des idées enracinées par unehabitude de quatorze siècles ne sont pas faciles à extir-per ; celles dont nous parlons n’ont pas encore complè-tement cédé à la Révolution française qui, comme unouragan, a balayé tant d’institutions réputées indestructibles. Ne l’oublions pas, Messieurs , nous ne sommesqu’à un demi-siècle de l’ancien régime. Tous les peuplesqui nous avoisinent en sont séparés par un intervallemoindre ; chez quelques-uns même il est encore debout.Comment donc s’étonner de ce que les conventions so-ciales de ce temps-là fassent encore sentir leur influence,et contribuent à maintenir une démarcation entre lascience et la pratique industrielle? Mais aussi bienchaque jour en emporte un débris nouveau ; chaquejour l’industrie grandit en crédit et en autorité. Laplace qui lui est acquise de fait dans l’organisation poli-tique sur le sol français est un gage de ses destinées.
Les sciences de l’application la plus usuelle n’ontcertainement rien dont la jeunesse puisse se rebuter,