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SIXIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
sillon pour montrer que ce qui fait la vie de son peupleoccupe aussi une place dans la sienne.
Pour organiser l’enseignement professionnel, les peu-ples civilisés n’ont à prendre leçon que d’eux-mêmes. Jene veux pas dire seulement qu’il existe aujourd’hui, dansles principaux États, quelques écoles dignes d’être citéescomme des modèles, et qu’ainsi il s’agit moins d’innoverque de généraliser ce qui subsiste sur une échelle troprestreinte ou trop spéciale. J’ai particulièrement en vuece qui se fait dans l’intérêt de la force militaire des États.Les plus grandes nations de l’Europe, nées de la conquête,l’épée à la main, se comportent à certains égards commesi elles avaient toujours présent le souvenir de leur ori-gine. Au sein de la gloire dont les entourent les belles-lettres et les sciences, filles de la paix, au milieu de laprospérité, née de l’industrie, qui devrait leur faire ai-mer la paix chaque jour davantage, le perfectionnementdes institutions militaires, l’avancement de l’art de laguerre, l’éducation des guerriers, ont continué d’exciterla plus active sollicitude des gouvernements. On pourraitdire que ce culte de la guerre présente une anomalie àcôté des beaux sentiments d’humanité dont nous faisonsparade et dont nous sommes réellement animés. Nousn’irons pas jusque-là, nous reconnaîtrons la convenancede continuer à cultiver, dans l’intérêt de la paix même,les arts militaires. Mais nous n’en signalerons pas moinsaux amis de la civilisation et aux hommes d’État dignesde ce nom, le soin extrême qu’on prend de faire passerdans la pratique militaire les applications de la sciencequi peuvent être utilisées à la guerre. Tout ce qu’onpeut tirer delà géométrie, de la physique, de la chimiepour fabriquer et lancer des projectiles, pour con-struire des citadelles, les défendre ou les attaquer, fairefranchir un fleuve à une armée, incendier une ville