m COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
rendent là justice, soient bornés à une éducation quiles laisserait dans l’ignorance des principaux faits indus-triels et des lois naturelles sur lesquelles la pratique del’industrie se fonde. Ce serait un énorme contre-sens,une cause de mésintelligence profonde et de graves mé-contentements dans l’État. Les gouvernants et les gou-vernés ne seraient pas le même peuple.
Jean-Jacques Rousseau voulait que son Émile, quiétait un enfant de qualité, apprît le métier de menuisier.Il le lui fait même apprendre au point qu’il puisse entrerchez un maître, en disant : « Maître, j’ai besoin d’ou-vrage. » Et le maître lui répond : « Mettez-vous là, ettravaillez. » (Je cite textuellement l’ Émile.) Jean-JacquesRousseau, vivement pénétré du principe d’égalité qu’ilpoussait à ses conséquences extrêmes, voulait par là ap-prendre à une noblesse vaniteuse et frivole qu’elle nedevait point mépriser les gens de métier, et que les simplesouvriers avaient au bout de leurs doigts une ressourcedont, en cas d’adversité, elle-même s’estimerait peut-être heureuse d’être pourvue. Aujourd’hui, la révolutionpolitique et sociale que Rousseau prévoyait et dont il aété l’un des principaux promoteurs, est consommée ; noslois honorent les professions industrielles, le travail estdevenu la base de notre organisation politique et sociale.Aux yeux de Jean-Jacques lui-même, s’il revenait aumonde, il serait sans objet d’astreindre tous les hommes,sans exception, à exercer un art manuel. Mais tous, sansexception, doivent être élevés de manière à connaître aumoins sous ses aspects généraux ce qui est l’objet avouéde l’activité sociale. Celui qui serait complètement dénuéde ces connaissances se trouverait au milieu de la sociétécomme un étranger, presque comme un ennemi ou unenouvelle sorte de barbare.
L’empereur de la Chine trace bien tous les ans son