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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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SEPTIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 131

propres destinées, et qu’ai nsi il est souverainement in-juste en général'de rendre la société responsable dessouffrances individuelles.

Ces deux propositions étaient le contre-pied de cellesqu’on proclamait alors comme des principes absolus, etd’où l’on tirait cette conséquence, que le premier besoindes peuples devait être de briser leurs gouvernements, etque l’homme pauvre n’avait rien de mieux à faire, pouraméliorer sa condition, que de se mettre en révolte con-tre la société.

Mais Mallhus donna à son enseignement une formulequi, bien que spéciale et restreinte, n’en était que pluspropre à saisir les intelligences. Son attention s’était di-rigée vers les causes et les effets de l’accroissement de lapopulation. Il avait aperçu que l’on court un péril ex-trême, toutes les fois que les classes pauvres se multi-plient sans discernement. Il peut, en effet, arriver alorsque le nombre des hommes augmente dans un rapportqui excède l’accroissement des moyens d’existence etcelui des capitaux qui fécondent le travail.

L’accroissement des moyens d’existence et l’accroisse-ment du capital ont nécessairement des limites dans unespace de temps donné. Au contraire, l’accroissementde la population est pour ainsi dire illimité; en cela,l’espèce humaine ressemble à toutes les espèces animalesdont la puissance de reproduction n’a pas de bornes. Sidonc entre ces deux productions extrêmement inégales,la prévoyance humaine ne s’interpose, une calamité estimminente. Le nombre des bouches augmentant au delàdes moyens d’existence, les classes pauvres reculent au lieud’avancer.Chaque jour qui s’écoule, elles s’enfoncentd’undegré de plus dans la misère et l’abrutissement. C’est unabîme sans fond où elles courent le risque d’être précipi-tées, et ou elles entraîneraient les empires eux-mêmes.