SEPTIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
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tardir le caractère, on énonce une proposition qui estexacte, et dont malheureusement on trouve plus d’unevérification dans l’histoire. Mais il est tout aussi exactqu’une nation qui sera paresseuse et ignorante, rempliede préjugés grossiers ou flétrie par le vice, forcera neuffois sur dix son gouvernement à s’abaisser jusqu’à sonniveau. La masse du peuple romain était avilie déjàlorsque le trône impérial fut occupé par de vils tyrans,et on ne peut dire avec certitude si l’infâme tyrannie quialors pesa sur le monde fut l’ouvrage de ces princes dé-gradés ou de la multitude elle-même ; car, c’est pénibleà avouer pour l’honneur du genre humain, Néron fut unsouverain populaire. 11 fallut au czar Pierre le Grand songénie pour triompher de la grossièreté des Moscovites,et, malgré tout son génie, il eût succombé à la tâche, s’iln’eût été comme eux sanguinaire jusqu’à la férocité. Sidonc il est permis de soutenir que les mauvais gouver-nements perdent le plus souvent les nations, on est aussibien en droit de dire que des peuples vicieux obligentpresque toujours le§ gouvernements à partager leurignominie. Dans les sociétés policées de nos jours, l’ac-tion du gouvernement sur la nation, et la réaction de lanation sur le gouvernement sont réciproques, de chaquejour et de chaque instant, et les peuples ne sont plusfondés à adresser un reproche à leurs gouvernementssans en prendre d’abord la moitié pour eux-mêmes. Làparticulièrement où existent des institutions représenta-tives,. les nations sont la substance même des gouverne-ments, etâi les gouvernements font le mal, il s’en faut debeaucoup qu’ils soient seuls comptables. Le mal alors asa principale origine, ou dans les mauvais instincts dupublic qui en a été le provocateur, ou dans son ignorancequi l’approuve, ou bien dans sa lâcheté qui le tolèrependant que son intelligence le condamne, plus encore