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HUITIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
d’hommes éminents que sortit l’économie politique, etcela devait être : l’économie règle les intérêts , de mêmeque la politique règle l’état des personnes : celle-ci gou-verne, celle-là administre. Aux nouveaux rapports adop-tés pour les personnes correspondait un nouveau règle-ment pour les intérêts ; à un nouveau mode de gouver-nement, un mode nouveau d’administration. Les grandesintelligences du dix-huitième siècle , qui avaient décou-vert dans quel esprit devaient être réglés désormaisles rapports des personnes dans l’Etat, devaient poserles fondements de l’ordre nouveau pour la gestion desintérêts. Il se fit entre ces hommes supérieurs unedivision du travail, et ce ne furent pas toujours lesmêmes qui indiquèrent la solution des problèmes po-litiques et celle des problèmes économiques. NotreTurgot cependant eut le mérite d’être également dis-tingué parmi les initiateurs de la réforme économiqueet parmi ceux de la réforme politique ; et de l’autrecôté du détroit, si Adam Smith eût vécu quelquesannées de plus, il eût publié un traité politique qu’ilavait longtemps médité, et qui lui eût assuré de mêmela double palme. Mais, tous tant qu’ils étaient, ils con-coururent aux deux parties de l’œuvre, par la bonneraison qu’elles sont inséparables. Elles le sont si bienque vous voyez constamment le progrès économiquesuivre le progrès politique. C’est une vérité dont voustrouveriez la confirmation à chaque page dans l’histoire,si vous la preniez depuis l’origine des temps. Si bienqu’on est en droit d’affirmer que tout changement poli-tique qui n’amène pas quelque bonne modification éco-nomique , usurpe un nom qui ne lui appartient pas,lorsqu’il s’intitule progrès.
Pour apercevoir ce mouvement parallèle entre leprogrès politique et le progrès économique, consultez,