HUITIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
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pratique des arts industriels, tous admis à puiser,sous les auspices de la paix, au même réservoir de capi-taux, il n’y a pas de raison pour que les peuples civilisésne se montrent pas en industrie les dignes et heureuxémules les uns des autres. Ils n’ont qu’à le vouloir.
La pensée de cette sainte-alliance est, sur une échelleplus grande encore, la même idée de la fraternité hu-maine que je recommandais tout à l’heure pour l’or-ganisation de l’industrie dans l’intérieur de chacundes États. Les traditions les plus respectées nous ap-prennent à envisager cette fraternité ainsi largemententendue comme le point de départ du genre humain.Mais vous n’êtes pas sans avoir remarqué, Messieurs, queles traditions religieuses placent souvent dans le passéce qui doit servir de but à l’avenir. Le moment semblevenu où il faille s’écrier : Dieu le veut! Les inventions lesplus merveilleuses font disparaître les distances, et con-vient les hommes des climats les plus éloignés à se traiteren amis, à abjurer leurs préjugés et leurs haines, à sejeter dans les bras les uns des autres. Les montagnesélevaient des barrières insurmontables entre les terri-toires • le génie de l’homme les perce de part en part.La mer, qui séparait les contrées, les réunit désormais.L'ullima Thule est à nos portes ; le peuple que le poètereprésentait comme écarté du reste du monde par lamer (toto divisos orbe ) est celui qui, à la faveur de la merelle-même, a le plus de relations avec toutes les partiesde la terre, et dont les essaims se répandent le plusfacilement sur tous les continents, sur tous les archi-pels. Chaque jour une découverte nouvelle vient relierdavantage les peuples. La célérité qu’avait donnée lavapeur pour franchir l’Océan et pour voler sur la surfacede la terre, est déjà dépassée dans une proportion inouïe.L’électricité est venue donner à la transmission des idées