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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

sommations, l’on serait fondé à dire que si les rapportscommerciaux des deux nations fussent restés sur le mêmepied , l’Angleterre nous achèterait présentement dix oudouze fois autant de vin qu’alors, soit 200,000 tonneauxau moins. Mais à partir de 1668, les deux nations sesont mises à se frapper à coups redoublés de prohibi-tions ; la vérité m’oblige même à dire que c’est nousqui commençâmes et que nous n’avons pas cessé encore,quoique l’Angleterre vienne de répudier avec solennitéles doctrines restrictives et proclamer la liberté du com-merce. Aujourd’hui nous ne plaçons dans le Royaume-Uni que le septième de ce que nous y vendions il y après de deux siècles, la soixante-dixième partie de ce quenous devrions y vendre. Ce n’est malheureusement pasle seul marché où nous ayons attiré cet effroyable échecà une production à laquelle notre, sol convient admira-blement, et dont nous possédons mieux que personnetous les secrets. Ainsi l’agriculture française est dépouilléed’un débouché extrêmement étendu, et par la même aven-ture le public français en général est privé d’autres ob-jets que l’étranger fait mieux que nous et qu’il nous eûtexpédiés en retour de nos vins.

Mais il s’agit du travail national, nous dit-on, national,entendez-vous? J’entends très-bien. Ce sont des Fran-çais qui veulent que, nous tous le public, nous leur fas-sions le sacrifice de nos intérêts, de notre liberté; ilsnous le demandent en disant que le patriotisme nousl’ordonne. Messieurs, le patriotisme, jusqu’à présent,consistait à subordonner son intérêt particulier à l’in-térêt général, à respecter profondément la liberté dupublic, quand même il devrait nous en coûter quelquechose. Depuis un demi-siècle, il a été donné en Francedes preuves innombrables de patriotisme, et c’était ainsiqu’on l’avait compris. Mais il paraît que nous avons-