Buch 
Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
161
JPEG-Download
 

161

HUITIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

•

changé tout cela , comme disait Sganarelle, quand il an-nonçait que le cœur était à droite. Le patriotisme désor-mais consistera à subordonner imperturbablement l’in-térêt général à l’intérêt particulier. Comme pendant àcette nouvelle notion du patriotisme, on parle d’une géo-métrie nouvelle qui prendra pour axiome fondamentalque la partie est plus grande que le tout.

Aux termes de cette doctrine, il suffirait donc d’êtreFrançais pour disposer du public à son gré , pour fairelitière de l’intérêt et de la liberté du public. Mais le pu-blic aussi est Français, et il a infiniment plus de droits àce que ses intérêts et sa liberté soient garantis qu’onn’en a pour les violer. Les privilégiés qu’en 1789 laConstituante rangea sous le niveau commun, étaient desFrançais qui aimaient leur pays, qui faisaient professiond’aller en personne verser bravement leur sang sur leschamps de bataille. Cependant, comme leurs privilègesétaient contraires à la liberté et à l’équité, on les leurretira. On les força d’être Français de la seule façon quisoit permise, de celle dont il faut que désormais tout lemonde se résigne à l’être, c’est-à-dire sans prélever desredevances sur ses concitoyens, sous quelque prétexteque ce soit, même celui du travail national , et enires-pectant la liberté du prochain an particulier comme augénéral.

Que si la protection est réclamée comme un secourspour faire vivre les personnes qni se livrent à certainesindustries, si l’on s’adresse à la charité du public, laquestion prend un aspect tout spécial, et la qualité de. Français, dont se prévalent les solliciteurs, est faitepour nous toucher. Mais alors, que chacun parle la lan-gue et garde l’attitude qui conviennent à sa position.Une charité même nationale, même réduite à ce qui eststrictement indispensable, est essentiellement volontairei. 11